| L'enlisement. Rue de la Banque (2e), cela fait désormais six semaines qu'environ deux cents personnes campent, à ciel ouvert, depuis la dernière intervention policière et la confiscation des tentes. Hier après quinze jours d'encerclement policier, les forces de l'ordre ont rebroussé chemin. Le signe d'une prochaine évacuation des campeurs au petit matin ? Personne ne le sait.
Entre le ministère du Logement et l'association Droit au Logement (DAL), qui réclame pour ces familles essentiellement hébergées à l'hôtel une solution durable, les négociations sont au point mort. Alors même qu'au regard de la loi, à partir de l'an prochain, le droit au logement deviendra « opposable » devant les tribunaux pour les citoyens qui n'obtiennent pas de réponse à leur demande de HLM.
Christine Boutin, la ministre du Logement, se refuse à tout « traitement global » des familles participant à ce mouvement, et dont le nombre ne cesse de croître (370 recensées à ce jour par le DAL). « Il n'y a pas de crise, mais une ministre qui s'occupe de construire des logements, et une association qui met les gens à la rue et fait traîner », tranche son cabinet. La ministre exige une liste des familles avant de s'engager à tout relogement éventuel, mais le DAL refuse. « Les familles sont prêtes à retourner dans leurs hôtels si elles ont la garantie que des solutions sont à la clé », rétorque Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL. Selon lui, la diffusion d'une liste « pourrait permettre à l'Etat d'exercer des pressions ». Et de citer l'exemple d'une famille qui, après avoir refusé une place en foyer pour cause de contraintes horaires, s'est vu supprimer l'allocation qui lui permettait de payer sa chambre d'hôtel.
Sophie Caillat - ©2007 20 minutes
20 Minutes, éditions du 15/11/2007 - 07h05 |
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